Félix Bingui, chef présumé du clan Yoda, comparaît devant la justice marseillaise pour trafic de stupéfiants
- 18 mai
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Pendant trois semaines, la justice marseillaise examinera l’un des conflits les plus sanglants du narcobanditisme local. Félix Bingui, considéré comme le chef du clan Yoda, comparaît avec 19 autres individus présumés de son organisation. Ces derniers sont accusés d’avoir participé à une guerre meurtrière contre la DZ Mafia qui a ravagé Marseille en 2023.
Ce lundi 18 mai, Monsieur Félix Bingui, identifié par les services d’enquête comme le dirigeant principal du clan Yoda, comparaît devant la 7e chambre du tribunal correctionnel de Marseille, spécialisée dans la criminalité organisée, sous un dispositif de sécurité renforcé. Dix-neuf co-prévenus, tous présumés membres de son organisation criminelle, seront jugés simultanément. Âgé de 35 ans, Monsieur Bingui présente un casier judiciaire conséquent, avec treize condamnations antérieures, initialement prononcées pour des vols avec violence. En 2017, il a été condamné à une peine de quatre ans d’emprisonnement pour son implication dans le trafic de stupéfiants au sein du quartier des Carmes. En 2019, une nouvelle condamnation à deux ans et demi de prison a été prononcée pour détention illégale d’arme. Au cours de ce procès, Monsieur Bingui, ainsi que ses co-prévenus, seront amenés à s’expliquer sur le fonctionnement du point de deal de "La Fontaine", considéré comme l’un des plus lucratifs de la ville de Marseille entre 2021 et 2023. Poursuivi pour trafic de stupéfiants en récidive, Monsieur Félix Bingui encourt une peine maximale de vingt ans de réclusion criminelle.
Félix Bingui (en visioconférence, depuis sa cellule, lors de l’audience de fixation du procès) : « Je n'ai rien à voir dans ce dossier. »
Me Philippe Ohayon, avocat de monsieur Bingui : « Il y a bien des choses à éclaircir mais on est loin de la figure d’un chef de clan … J'ai écouté toutes ces sonorisations et objectivement, il n'est pas possible d'en tirer la conclusion qu'il serait une tête de réseau. Le contraste est d'ailleurs saisissant entre cette thèse et la réalité du dossier. Les tribunaux exigent des preuves ou des faisceaux d'indices, pas des slogans … Le travail d’enquête de ce dossier a été réalisé à 90 % par des policiers aujourd’hui incarcérés dans l’affaire Trident. »
La juge d'instruction chargée du dossier : « Félix Bingui le chef incontestable, tenant les cités concernées (par le trafic) à qui il convient de rendre des comptes, les autres étant qualifiés de ses larbins. »
En février 2023, un point de distribution du clan Yoda a fait l’objet d’une attaque orchestrée par la DZ Mafia, déclenchant ainsi une vendetta meurtrière qui a embrasé la ville de Marseille, des quartiers Nord aux quartiers Sud. Après plusieurs mois d’affrontements, le clan Yoda a finalement décidé de déposer les armes face à une DZ Mafia victorieuse, qui est désormais considérée comme l’une des organisations criminelles les plus puissantes du territoire national. Au cours de cette année, la Direction Régionale de la Police Judiciaire de Marseille a ouvert 86 dossiers d’homicide ou de tentative d’homicide liés au trafic de stupéfiants, dont 63 directement imputables au conflit entre les deux groupes. Ancien membre de la bande des Carmes, Félix Bingui, surnommé "Le Chat" ou "Féfé", a progressivement consolidé son influence dans les quartiers Nord de Marseille, notamment autour du point de distribution de "La Fontaine", situé dans la cité de la Paternelle. Ce lieu stratégique, positionné à proximité immédiate de l’autoroute A7, était le théâtre d’un trafic intense, avec un client se présentant toutes les trente secondes, selon les éléments recueillis par les enquêteurs. M. Bingui menait un train de vie luxueux entre Marseille, Marbella, le Maroc et Dubaï. Les investigations menées ont permis de révéler l’acquisition de villas d’une valeur de plusieurs millions d’euros dans l’émirat, des séjours dans des hôtels de luxe, des soirées dont le coût s’élevait à plusieurs milliers d’euros et des achats effectués chez Vuitton, Hermès et Louboutin, un mode de vie sans rapport avec ses revenus déclarés.
Félix Bingui, arrêté au Maroc en mars 2024 et extradé vers la France début 2025, nie les accusations.




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