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Kinshasa a accueilli quinze migrants en situation irrégulière expulsés par les États-Unis

  • 21 avr.
  • 2 min de lecture

Dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 avril, un premier groupe de 15 migrants expulsés des États-Unis a atterri à Kinshasa. La société civile congolaise s’interroge et s’inquiète du manque de clarté concernant certains aspects de cet accord migratoire.


La République Démocratique du Congo (RDC) est devenue le premier pays africain à accepter des migrants expulsés par les États-Unis dans le cadre d’un accord migratoire bilatéral. Cette décision place la RDC aux côtés de plusieurs autres pays africains, dont la Guinée équatoriale, le Ghana, le Rwanda, le Soudan du Sud, le Cameroun et l’Eswatini, qui ont récemment conclu des accords similaires avec les États-Unis. Ces accords prévoient souvent un soutien financier ou logistique de la part des États-Unis.


L’OIM : « Le gouvernement de la RDC a demandé à l’OIM (Organisation internationale pour les migrations) d’apporter une aide humanitaire à quinze migrants renvoyés par les États-Unis vers la RDC le 17 avril »


Albert Malukisa, directeur de recherche à l'institut congolais Ebuteli : « En RDC, l'annonce de ce dispositif  a surpris l'opinion car il a été géré dans l'opacité … Qu'est-ce que la RDC gagne en contrepartie sur le plan financier ? Ce n'est pas clair … Kinshasa se pose en tout cas ainsi en bon élève pour continuer à bénéficier du soutien de Washington. »


Le ministère de la Communication congolais : « Un dispositif d'accueil temporaire de ressortissants de pays tiers relevant des mécanismes migratoires des États-Unis … Aucune charge financière ne sera supportée par le Trésor public congolais … La prise en charge logistique et technique du dispositif sera assurée par le gouvernement américain »


Jeudi à 23h55 GMT, un vol en provenance des États-Unis a atterri à l’aéroport de Ndjili, à Kinshasa, capitale de la RDC. Selon une source proche de la présidence congolaise, sept femmes et huit hommes ont été débarqués. Ces personnes sont originaires du Pérou et d’Équateur. D’autres migrants expulsés des États-Unis devraient arriver prochainement à Kinshasa, au rythme de 50 à 100 par vol, selon des sources proches du dossier. Le nombre total de personnes qui seront accueillies par la RDC reste incertain. Ce dispositif, négocié entre Washington et plusieurs pays africains, vise à accélérer le départ des migrants du sol américain et leur renvoi vers leur pays d’origine, a précisé une de ces sources. Le lieu d’hébergement des migrants n’est pas encore déterminé, mais ils devraient être pris en charge par l’OIM, qui dispose d’un bureau à Kinshasa.


L’accord conclu entre la RDC et Washington, ouvrant à ce dernier l’accès aux ressources minières stratégiques du sous-sol congolais, cruciales pour l’industrie électronique mondiale, a permis la mise en œuvre de cette initiative. En échange, Washington s’est engagé dans les pourparlers visant à stabiliser l’Est congolais, en proie à des conflits depuis plus de 30 ans, sans toutefois obtenir de résultats tangibles sur le terrain.

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