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Le maire de Bangui, en Centrafrique, a été empêché de reprendre ses fonctions par le personnel municipal.

  • 22 avr.
  • 2 min de lecture

Le maire de Bangui, Emile Gros-Raymond Nakombo, est au cœur d’une vive contestation depuis plusieurs mois. Accusé de mauvaise gestion et de détournement de fonds, il se voit empêché par le personnel de la mairie de reprendre ses fonctions.


Nommé Président de la délégation spéciale de Bangui le 5 mai 2016, Émile Raymond Gros Nakombo est toujours en fonction, son décret n’ayant jamais été abrogé. Le 20 avril, ses collaborateurs l’ont empêché d’accéder à son bureau, alors que son délai de mise en disponibilité après les élections législatives du 28 décembre expirait. Le 21 avril, il a tenu une conférence de presse pour dénoncer cette situation, qu’il juge illégale et contraire aux principes républicains. Il estime que sa réintégration était automatique après la proclamation des résultats par le Conseil constitutionnel en février, mais il a rencontré des résistances, notamment du ministère de l’Administration du territoire, qu’il accuse de privilégier une solution politique.


Émile-Gros-Raymond Nakombo : « Si vous voulez qu’on soit modèle dans ce pays, nous devons respecter les textes que nous prenons nous-mêmes. Du jour au lendemain on dit "vous être mis en disponibilité mais vous ne revenez plus" … Ce n’est pas un arrêté du ministre qui va décider de mon sort, impossible … Moi j’ai fait 10 ans à la tête de la mairie de Bangui. Je suis arrivé à mener la mairie de Bangui à tous les niveaux. J’ai amené des financements. Ce sont des dossiers lourds. »


Une employée : « Depuis dix ans, il est au cœur de plusieurs scandales : mauvaise gestion de la mairie, détournements de fonds, salaires impayés, absence d’amélioration de nos conditions de travail… Trop, c’est trop. »


Émile Raymond Gros Nakombo veut saisir la justice pour faire reconnaître ses droits, estimant que l’empêchement dont il est victime l’empêche d’exercer un mandat toujours valide. Cette action en justice met en difficulté les autorités de tutelle, qui, selon RJDH, préfèrent maintenir l’intérimaire en poste jusqu’à l’installation d’une nouvelle équipe municipale, reléguant la "carte Nakombo" au second plan. Ce nouvel épisode s’inscrit dans une série de turbulences politiques pour Émile Raymond Gros Nakombo à la mairie de Bangui. Dès 2019, un rapport du ministère de l’Administration du territoire critiquait sévèrement sa gestion, et le ministre avait retiré sa confiance lors d’une réunion des conseillers municipaux. En mai 2022, l’Assemblée nationale avait exigé sa démission pour manque de résultats probants.  Ces prises de position se sont ajoutées aux manifestations d’employés municipaux réclamant son départ.


Le maire de Bangui avait demandé à être mis en disponibilité pour se présenter aux élections législatives dans la circonscription de Sosso-Nakombo, au sud-ouest du pays, lors des élections générales du 28 décembre dernier. Cependant, il a finalement retiré sa candidature pour éviter de se présenter contre ses deux frères, également candidats à ce poste. Le ministère de l’Administration du territoire n’a pas encore commenté la situation. Selon une source interne, le ministère attend l’issue du second tour des élections municipales, prévu le 26 avril prochain, pour installer les nouveaux maires élus.


PHOTO : © MINUSCA/TWITTER

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