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Suisse : Rejet de l’initiative anti-immigration visant à plafonner la population

  • 15 juin
  • 2 min de lecture

54% des votants ont rejeté le plafonnement de la population suisse à 10 millions. Le durcissement des conditions d’accès au service civil a été adopté.


Les Suisses ont rejeté l’initiative anti-immigration de la droite radicale, avec plus de 54% de votes contre le 14 juin. La participation a été forte, près de 59%, bien au-dessus de la moyenne de 49% des dernières années. La majorité des cantons ont dit non, avec les scores les plus élevés pour le non à Bâle-Ville (73,48%), Neuchâtel (67,26%) et Genève (65,42%). L’UDC, premier parti du pays, voulait limiter l’immigration pour que la population résidente permanente ne dépasse pas 10 millions d’ici 2050. La Suisse compte actuellement 9,5 millions d’habitants, dont plus d’un quart d’étrangers.


Marcel Dettling, patron de l'UDC : « C'est un dimanche décevant pour nous, mais aussi pour toute la Suisse. »


Beat Jans, le ministre de la justice et de la police suisse : « Par leur décision d’aujourd’hui, les citoyennes et citoyens ont donné un signal de stabilité, d’ouverture et de fiabilité »


L’Union syndicale suisse : « En rejetant l’initiative de l’UDC, la population suisse a dit non au repli sur soi et à la xénophobie. Ce non exprime le refus clair d’un retour en arrière vers des temps sombres, marqués par le statut de saisonnier et la privation de droits pour certaines personnes »


Monika Rühl, directrice l'organisation patronale economiesuisse : « Nous sommes très soulagés et heureux. C'est un résultat qui est important pour notre pays et pour nos relations avec l'UE »


Les sondages préliminaires indiquaient une légère avance pour le rejet de cette initiative, dont l’adoption aurait pu compromettre les relations entre la Suisse et l’Union européenne. En effet, le dépassement du seuil des 10 millions d'habitants avant 2050 aurait contraint la Suisse à dénoncer l’accord de libre circulation avec l’UE dans un délai de deux ans, mettant également en péril d’autres accords bilatéraux relatifs à l’asile et à la sécurité. Les promoteurs de cette initiative ont avancé comme principaux arguments la pénurie de logements, la hausse des loyers, le bétonnage du paysage, la congestion routière, la saturation du réseau ferroviaire, l’augmentation de la criminalité, la saturation du système de santé et la dégradation de la qualité de l’enseignement. Cette initiative était toutefois contestée par le gouvernement, le Parlement, les principaux partis politiques, les syndicats et le patronat.  Selon le gouvernement, l’initiative menace la prospérité, le bon fonctionnement de la société, la sûreté intérieure et la tradition humanitaire de la Suisse.


Dans un référendum séparé, les Suisses ont voté en faveur d’un durcissement des critères d’admission au service civil, une mesure soutenue par le gouvernement dans le contexte d’un renforcement des capacités militaires en Europe.

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