Carrefour redoute jusqu’à 200 millions d’euros de pertes après les pillages et les violences

Le groupe Carrefour revoit ses prévisions financières à la baisse après les violences et les pillages qui ont touché ses magasins en France.
Carrefour a annoncé une révision de ses perspectives pour 2026. Le distributeur estime que l’impact sur son résultat opérationnel pourrait atteindre 200 millions d’euros, alors que les tensions sociales fragilisent déjà la consommation. Le groupe ne prévoit plus qu’une croissance stable à légèrement positive de son bénéfice ajusté par action, contre une progression auparavant attendue à un niveau élevé à un chiffre. Environ 50 magasins ont été directement touchés lors de la première journée de violences, avec des marchandises volées ou détruites, des équipements endommagés et des fermetures imposées pour des raisons de sécurité. Le distributeur a également dû renforcer la protection de certains établissements et réduire ses prévisions d’investissements en France, de 1,7 à 1,6 milliard d’euros.
Alexandre Bompard, président-directeur général de Carrefour : « Carrefour a été directement et fortement touché. Environ 50 de nos magasins ont été frappés dès le premier jour, beaucoup ont été pillés et les dégâts sont considérables. »
Matthieu Malige, directeur financier de Carrefour : « Les coûts directs se chiffrent à plusieurs dizaines de millions d’euros […] de marchandises volées ou détruites, de magasins endommagés, d’équipements détériorés, auxquels s’ajoutent les établissements que nous avons été contraints de fermer. »
Le directeur financier a évalué l’impact total sur le résultat opérationnel entre 80 et 200 millions d’euros. Cette fourchette comprend les dommages directs, les pertes commerciales et les perturbations de l’activité. Au-delà des vitrines brisées et des rayons vidés, les conséquences pourraient durer plusieurs semaines. Certains magasins doivent fermer plus tôt en raison des couvre-feux ou rester temporairement fermés, ce qui réduit les ventes à l’approche d’une période commerciale importante pour la distribution. Carrefour fait également face à une fréquentation déjà fragilisée par les prix élevés des carburants et la prudence des ménages. Le groupe prévoit donc de réduire ses investissements français de 100 millions d’euros par rapport à son objectif précédent. Cette décision intervient dans un contexte où les distributeurs doivent simultanément absorber les coûts de sécurité, protéger leurs salariés et maintenir leurs prix dans un environnement concurrentiel.
Alexandre Bompard a également exprimé l’espoir que les prochaines manifestations, annoncées pour le 24 octobre, bénéficient de meilleures conditions de sécurité, tout en prévenant que leur impact économique resterait difficile à éviter.




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