Guerre en Iran : Les géants du pétrole ont connu une hausse significative de leurs cours en Bourse - le prix du pétrole à plus de 80 dollars le baril

Dans la nuit du 1er au 2 mars, les prix du pétrole ont brièvement dépassé les 80 dollars le baril, en raison de perturbations importantes de l’offre de brut causées par les frappes en Iran et le conflit au Moyen-Orient.
Depuis samedi, le détroit d’Ormuz, au large de l’Iran, est fermé. Cette décision des Gardiens de la révolution fait suite aux récentes séries d’attaques américaines et israéliennes, et menace de perturber considérablement le commerce mondial. Au-delà des hydrocarbures, c’est l’ensemble de l’économie qui pourrait en subir les conséquences. Dimanche, des agences de sécurité maritime ont rapporté des attaques contre trois navires dans le détroit. Cette zone maritime, d’environ 50 kilomètres de large, est bordée par l’Iran d’un côté et la péninsule de Moussandam, appartenant à Oman, de l’autre. Lundi, les majors pétrolières ont connu une forte hausse de leurs cours lors des premiers échanges sur les Bourses européennes, en réaction à la nette augmentation des prix des hydrocarbures due à l’escalade militaire au Moyen-Orient. Vers 08H10 GMT, TotalEnergies a enregistré une hausse de 5,45%, atteignant 70,95 euros à la Bourse de Paris, après avoir grimpé de plus de 7% lors des premiers échanges. En Europe, Eni a progressé de 4,14% à Milan, Shell de 5,24% et BP de 4,17% à Londres. Repsol a quant à elle bondi de 7,81% à Madrid.
Eurasia Group : « En cas d’interruption prolongée des livraisons via Ormuz, le pétrole brut pourrait rapidement grimper jusqu’à 100 dollars le baril […] notamment en cas d’attaques contre les installations pétrolières dans la région. »
Charu Chanana, de Saxo Markets : « Même sans arrêt total de la production, la hausse des primes liées au conflit, les modifications d’itinéraires et la réévaluation des assurances peuvent maintenir les coûts du pétrole et du fret à un niveau élevé. »
Michelle Brouhard, analyste chez Kpler : « Le talon d’Achille du (président américain Donald) Trump, ce sont les prix pétroliers élevés. »
Les analystes de Goldman Sachs : « Le principal canal de transmission de la crise iranienne à l'économie mondiale et aux marchés macroéconomiques est son impact sur les marchés énergétiques. »
La Chine est l’un des rares pays à acheter encore directement du pétrole à l’Iran. La plupart des autres nations s’approvisionnent auprès d’autres producteurs du Golfe, comme l’Arabie saoudite, l’Irak, les Émirats arabes unis, le Koweït et le Qatar. Par exemple, le Japon achète 90 % de son pétrole dans ces pays du Golfe, tandis que la Corée du Sud en importe plus de 60 %. Après avoir chargé du brut régional, les pétroliers doivent naviguer dans le golfe Persique et traverser le détroit d’Ormuz pour atteindre l’océan Indien et alimenter les raffineries d’Occident et d’Asie. Ce passage stratégique, par lequel transitent 20 % du pétrole mondial et 20 % du gaz naturel brûlé, est fermé depuis ce week-end sur ordre de Téhéran.
L’Iran, classé parmi les dix plus grands producteurs mondiaux de pétrole avec une production quotidienne d’environ 3,1 millions de barils, détient les troisièmes réserves mondiales de brut. Des frappes américaines sur ses infrastructures pétrolières pourraient avoir des conséquences durables.




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