Hong Kong : Joshua Wong condamné à dix années supplémentaires de prison

Le militant hongkongais Joshua Wong a été condamné, ce jeudi 5 novembre 2026, à dix années supplémentaires de prison pour collusion avec des forces étrangères, en vertu de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin à Hong Kong en 2020.
Âgé de 30 ans, il est déjà incarcéré depuis près de six ans. Cette nouvelle peine repousse désormais sa libération à la fin de l’année 2036. La justice reproche à Joshua Wong d’avoir participé, en 2020, à une entreprise visant à solliciter des sanctions internationales contre la Chine et les autorités hongkongaises. Selon l’accusation, il aurait agi avec Nathan Law, un autre militant prodémocratie installé à l’étranger, ainsi qu’avec plusieurs autres personnes. Les démarches auraient notamment consisté à demander à des gouvernements, des organisations et des personnalités étrangères d’adopter des sanctions, des blocus ou d’autres mesures contre Pékin et Hong Kong. Joshua Wong a reconnu sa culpabilité en septembre dernier. Le magistrat a expliqué qu’une peine de départ de treize années avait été retenue, avant d’être réduite à dix ans en raison de la reconnaissance de culpabilité de l’accusé. L’infraction pouvait théoriquement entraîner une condamnation à la prison à perpétuité lorsqu’elle était considérée comme particulièrement grave.
Steve Tsang, directeur du China Institute à l'université londonienne SOAS : « Pékin a identifié Joshua comme l'un des principaux dirigeants de ce qu'ils considèrent comme une rébellion ouverte en 2019 - alors même que Wong est l'un des modérés - et il servira d'exemple … Sa condamnation doit montrer que Pékin garde Hong Kong fermement sous contrôle et qu'il n'y a aucune possibilité de revenir aux jours plus libéraux d'avant 2019. »
Le juge William Sam, de la Haute Cour de Hong Kong : « La peine doit être proportionnée à la gravité du crime. »
De son côté, Joshua Wong a contesté avoir cherché à obtenir l’indépendance de Hong Kong ou un changement de régime en Chine. Dans une lettre adressée au tribunal pour expliquer sa situation, il a indiqué qu’il espérait initialement sortir de prison en 2027, avant que cette nouvelle affaire ne bouleverse ses perspectives. Il a également décrit ses années de détention comme les leçons les plus profondes de sa vie. La condamnation a suscité des réactions à l’étranger. Le consulat des États-Unis à Hong Kong a déclaré condamner fermement cette peine supplémentaire et a demandé la libération immédiate du militant. Les autorités chinoises et hongkongaises défendent cependant la loi sur la sécurité nationale, qu’elles présentent comme indispensable à la stabilité du territoire après les grandes manifestations de 2019. Joshua Wong s’était fait connaître dès 2012, alors qu’il était encore adolescent, en s’opposant à une réforme de l’enseignement jugée trop favorable au pouvoir chinois. Il était ensuite devenu l’un des visages du mouvement des Parapluies en 2014, puis des manifestations prodémocratie de 2019. Depuis l’entrée en vigueur de la loi sur la sécurité nationale, plusieurs figures de l’opposition ont été arrêtées, condamnées ou contraintes de quitter le territoire. Le cas de Wong s’inscrit ainsi dans une transformation profonde du paysage politique hongkongais.
Cette condamnation illustre l’ampleur du bras de fer entre les autorités chinoises et les militants qui réclament davantage de libertés politiques à Hong Kong. Une décision qui relance les critiques internationales concernant les libertés politiques dans l’ancienne colonie britannique.




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