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L'ex-pdg de Lafarge condamné à 6 ans de prison avec incarcération immédiate pour financement du terrorisme en Syrie

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Ce lundi 13 avril, le tribunal correctionnel de Paris a condamné l’ancien PDG de Lafarge, Bruno Lafont, à six ans de prison ferme pour financement du terrorisme. Ces paiements, effectués à des groupes jihadistes en 2013 et 2014, visaient à permettre le maintien en activité d’une usine au cœur de la guerre civile syrienne.


Bruno Lafont, ancien PDG du cimentier Lafarge, a été condamné à six ans de prison ferme pour financement de terrorisme. Dès la fin du procès, il a été conduit en détention par la police. Le tribunal a estimé que Lafarge avait versé près de 5,6 millions d’euros via sa filiale Lafarge Cement Syria (LCS) à trois groupes jihadistes afin de maintenir l’activité d’une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie. Ces montants n’ont toutefois jamais été atteints, selon le tribunal. L’avocate de M. Lafont ne s’attendait pas à une incarcération immédiate. Le tribunal correctionnel, présidé par la juge Isabelle Prévost-Desprez, a rendu un délibéré cinglant et implacable de 4 heures. Lafarge, autrefois fleuron de l’industrie française, a depuis été racheté par son concurrent suisse Holcim.


La présidente du tribunal Isabelle Prévost-Desprez : « Le financement d'entreprise terroriste ‌avait pour seul but le maintien de l'usine syrienne dans un but ⁠économique … Les paiements à des entités terroristes ont permis à Lafarge de maintenir ses activités. Ces paiements se sont concrétisés ‌sous la forme d'un véritable partenariat commercial avec l'Etat islamique. »


Me Jacqueline Laffont-Haïk : « On est toujours autant sous le choc quand on assiste à un jugement de cette violence-là. La violence est à la hauteur de l'absence de justification de la culpabilité. C'est un jugement qui conclut à une culpabilité sans preuves. »


Claire Tixeire, directrice du Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits humains (EHCCR) : « C'est un avertissement monumental envers la communauté entière des multinationales qui tirent profit des situations de conflits armés à travers le monde. »


Sept autres prévenus ont également été condamnés à des peines de prison ferme.  L’ancien numéro 2 de l’entreprise, Christian Herrault, a notamment écopé de 5 ans de prison ferme avec mandat de dépôt. Lafarge, en tant que personne morale, a été condamnée à l’amende maximale de 1,125 million d’euros.  De plus, Lafarge et quatre de ses anciens cadres devront payer solidairement une amende douanière de 4,57 millions d’euros pour non-respect des sanctions financières internationales. La société est tenue de publier un communiqué relatant sa condamnation dans le journal Les Echos et de l’afficher sur son siège social en banlieue parisienne.


Malgré l’investissement de millions d’euros, Lafarge a évacué précipitamment et sans aucune préparation la cimenterie de Jalabiya le 18 septembre 2014, face à l’avancée de l’EI.  La cimenterie est tombée aux mains des jihadistes dès le lendemain. Fait notable, des victimes des attentats du 13-Novembre se sont constituées parties civiles, estimant que cette affaire constituait l’un des "rouages" des attentats qui ont frappé la France les années suivantes.

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