Nantes : deux élèves de 16 ans mis en examen après l’incendie du lycée Nelson-Mandela

Deux élèves de 16 ans ont été mis en examen le vendredi 6 novembre 2026 après l’incendie volontaire qui a ravagé une partie du lycée Nelson-Mandela, à Nantes, le 1er octobre dernier.
Les deux adolescents, qui étaient scolarisés dans cet établissement, sont soupçonnés d’avoir participé à la préparation et à la réalisation de l’incendie. Ils ont reconnu une partie des faits au cours de leur garde à vue. Le parquet avait demandé leur placement en détention provisoire, mais le juge a finalement décidé de les placer sous contrôle judiciaire. Le ministère public a annoncé faire appel de cette décision. Les faits remontent au matin du 1er octobre, lors de la mobilisation lycéenne et de blocages d’établissements scolaires. Vers 7 heures, plusieurs individus cagoulés auraient accumulé des poubelles et du mobilier urbain devant l’entrée principale du lycée avant d’y mettre le feu. Certains auraient utilisé des aérosols projetant des flammes. Des tirs de mortiers auraient également été dirigés vers la porte d’entrée, qui était obstruée par les détritus. Le feu s’est ensuite propagé à l’intérieur du bâtiment, provoquant d’importants dégâts. Antoine Leroy, procureur de la République de Nantes, a décrit une scène particulièrement violente. Il a expliqué que l’incendie avait détruit l’entrée de l’établissement et s’était propagé jusqu’à la toiture et au réfectoire. Plusieurs chambres de l’internat avaient également été touchées, alors que des élèves se trouvaient encore à l’intérieur. Des salles de classe ont aussi été détruites.
Antoine Leroy, procureur de la République de Nantes : « La préparation très organisée » des suspects ainsi que leur évidente concertation », selon les éléments communiqués par le parquet.
Le coût des réparations est particulièrement lourd. Selon la région Pays de la Loire, les travaux de remise en état du lycée sont estimés à environ quatre millions d’euros. L’établissement, qui accueille plus de 1 700 élèves et étudiants, est resté fermé depuis le sinistre. Une réouverture partielle est envisagée à partir du 16 novembre, avec la remise à disposition de la quasi-totalité des salles de cours. La région doit encore organiser les conditions de retour des élèves et adapter le fonctionnement de l’établissement aux espaces qui restent endommagés. Au lendemain de l’incendie, plusieurs élèves avaient exprimé leur désarroi et leur opposition aux actes de violence commis dans leur établissement. Des prises de parole avaient notamment été organisées autour d’un portrait de Nelson Mandela, figure historique de la lutte contre l’apartheid et symbole de résistance pacifique. Ces réactions avaient illustré le choc ressenti par une partie de la communauté scolaire, confrontée à la destruction de lieux d’apprentissage et à la perturbation de la scolarité de nombreux jeunes.
Les deux adolescents mis en examen sont poursuivis notamment pour des faits de destruction ou dégradation en bande organisée du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes. Cette qualification criminelle est passible de vingt ans de réclusion. Il s’agit toutefois des peines encourues pour les faits reprochés, et non d’une condamnation prononcée contre les deux mineurs, qui restent présumés innocents.




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