Algérie : le Parlement autorise l’envoi de militaires au Niger

L’Algérie a autorisé, le dimanche 25 octobre 2026, le déploiement de militaires au Niger.
Les deux chambres du Parlement algérien ont approuvé le texte à la majorité des deux tiers requise par la Constitution. Les autorités n’ont toutefois pas précisé le nombre de soldats concernés, la date de leur déploiement ni leur destination exacte. Selon les informations rapportées par l’Associated Press, la mission doit notamment contribuer à protéger les intérêts économiques et stratégiques algériens, en particulier les installations énergétiques situées au Niger. Le projet de gazoduc transsaharien, destiné à acheminer le gaz naturel du Nigeria vers l’Europe en passant par le Niger et l’Algérie, représente un enjeu important pour les deux pays.
Belkacem Boulghiti, sénateur algérien : « Nous n’envoyons pas nos soldats faire la guerre au Niger, mais pour une mission de sécurisation des infrastructures économiques. »
Abdelmadjid Tebboune, président de l’Algérie : « Nous protégerons le Niger quoi qu’il arrive. » Le chef de l’État avait déjà exprimé, début octobre, le soutien d’Alger aux autorités nigériennes et souligné l’importance des accords conclus dans les secteurs du pétrole et des mines. Cette position traduit le rapprochement entre les deux pays après une période de tensions diplomatiques.
Cette décision intervient alors que le Niger, le Mali et le Burkina Faso font face à des attaques répétées de groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique. Les forces de sécurité de la région sont fortement sollicitées, tandis que les coups d’État et les tensions diplomatiques ont profondément modifié les alliances. L’Algérie partage près de 1 000 kilomètres de frontière avec le Niger et redoute la propagation de l’insécurité vers son territoire. Le déploiement envisagé pourrait également contribuer à sécuriser les investissements énergétiques et les projets d’infrastructures reliant le Sahel à l’Afrique du Nord. Mais l’engagement de militaires algériens au-delà des frontières soulève aussi des questions sur les risques d’escalade et sur les limites de cette mission.nEn autorisant cette intervention, Alger franchit un seuil stratégique. Longtemps attachée au principe de non-intervention militaire à l’étranger, l’Algérie semble désormais privilégier une présence directe pour protéger ses intérêts dans une région de plus en plus instable.
Cette décision constitue une rupture majeure avec la doctrine traditionnelle de non-intervention de l’armée algérienne à l’étranger, pour la première fois depuis 1973.




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