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Burkina Faso : la peine de mort rétablie

il y a 1 jour
2 min de lecture

Le Burkina Faso réintroduit la peine capitale pour plusieurs crimes, notamment le terrorisme et la trahison.


Le 20 octobre 2026, les 71 députés ayant participé au vote ont adopté à l’unanimité le nouveau Code pénal, marquant un tournant majeur dans la politique judiciaire du pays. Le texte rétablit la peine de mort, abolie en 2018, pour certaines infractions : les actes de terrorisme, l’espionnage, la trahison, le parricide et l’importation de produits périmés ou interdits ayant entraîné la mort. Le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a défendu cette réforme devant l’Assemblée législative du peuple, en affirmant qu’elle devait renforcer la sécurité et adapter la réponse pénale à l’évolution de la criminalité. Le nouveau Code comporte plus de 900 articles et a fait l’objet de plus de 700 amendements. Il prévoit également des sanctions renforcées pour certaines infractions économiques, environnementales et routières.


Edasso Rodrigue Bayala, ministre burkinabè de la Justice et des Droits humains : « Nous avons constaté sur le terrain que ces terroristes recrutent en promettant aux candidats que, même s’ils venaient à être arrêtés en tant qu’auteurs ou complices d’actes de terrorisme, ils ne risquaient pas grand-chose de plus que la prison à vie … Le durcissement des sanctions par la nécessité de renforcer l’effet dissuasif de la loi contre les groupes armés … Cette réforme législative vise à renforcer l'ordre public, à consolider les valeurs fondamentales de la Nation et à garantir la sécurité des personnes et des biens. »


Cette décision intervient alors que le Burkina Faso fait face à une insécurité persistante liée aux groupes djihadistes et à des attaques meurtrières contre les forces de sécurité et les populations civiles. Le texte ne se limite toutefois pas au terrorisme : il modifie également les sanctions applicables à la corruption et aux détournements de fonds publics, prévoit des peines d’amende plus élevées pour certaines infractions environnementales et introduit de nouvelles dispositions concernant les technologies de l’information. La réintroduction de la peine capitale risque de susciter des réactions d’organisations de défense des droits humains, qui dénoncent généralement son caractère irréversible et les risques d’erreurs judiciaires.


Le vote marque un changement profond de l’orientation pénale du Burkina Faso. Alors que les autorités présentent cette réforme comme un instrument de lutte contre l’insécurité, son application et ses conséquences pour les droits fondamentaux seront étroitement observées. Le texte pose une question centrale : le durcissement des peines permettra-t-il réellement de réduire la violence dans un pays confronté à une crise sécuritaire durable ?

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