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La « Compagnie fruitière » a été mise en demeure pour les conditions de production de ses bananes au Cameroun

  • Photo du rédacteur: MD SHOW
    MD SHOW
  • 11 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Plusieurs organisations, dont Transparency International, accusent l’entreprise française, leader de la production de bananes en Afrique, de violations des droits humains et de l’environnement dans ses plantations camerounaises.


La Compagnie fruitière, multinationale marseillaise, fait face à des accusations d’atteintes aux droits humains et à l’environnement commises par sa filiale camerounaise, les Plantations du Haut-Penja (PHP). Le 9 décembre, quatre organisations – Transparency International, Transparency International Cameroun, ActionAid France et Intérêt à agir – ont adressé une mise en demeure formelle à la Compagnie fruitière. Ces accusations reposent sur les témoignages d’une cinquantaine de travailleurs, actuels ou anciens, qui décrivent des conditions de travail difficiles, notamment des journées de travail de 12 à 15 heures, des licenciements abusifs et des titularisations rares, même après dix ans de service.


Les quatre organisations : « Le plan de vigilance publié par la Compagnie fruitière en 2025 est très loin de répondre aux exigences posées par la loi … il ne permet ni de démontrer une maîtrise réelle des risques, ni d’identifier les mesures spécifiques exigées par la loi pour prévenir et faire cesser les atteintes graves constatées sur le terrain. »


Chloé Rousset, chargée de campagne sur la dignité au travail pour l’ONG Action Aid France : « Pour produire des bananes qui vont être ensuite exportées sur le marché, notamment sur le marché européen, on a recours à des pesticides, dont certains très dangereux, voire interdits au sein de l’Union européenne … Normalement, il faut être doté d'un certain nombre d'équipements de protection. Mais ce qu'on a vu sur des photos et sur des vidéos envoyées par les travailleurs, et ce qu’on nous a dit dans les témoignages, c’est qu’en réalité, les gens n’ont pas ces équipements. »


La Compagnie fruitière : « Les affirmations rapportées sont graves et ne correspondent en rien aux politiques de la société et de ses filiales … avoir conclu depuis plusieurs années un plan de vigilance ainsi qu’un code de conduite anti-corruption ».


Créée pendant la période coloniale, la Compagnie fruitière, aujourd’hui leader européen de la distribution de fruits et premier producteur en Afrique, possède des plantations au Cameroun, au Ghana et au Sénégal.  Elle produit et commercialise chaque année près de 900 000 tonnes de fruits et légumes, dont 775 000 tonnes de bananes. Depuis la fin des années 2000, sa filiale PHP, qui exploite près de 5 000 hectares de bananeraies à Njombe-Penja, dans l’ouest du Cameroun, et emploie environ 6 000 personnes, a fait l’objet de critiques de la part des médias et des organisations de la société civile concernant ses pratiques sociales et environnementales. Ces dernières années, la Compagnie fruitière affirme avoir mis en place une politique ambitieuse, notamment en s’associant avec Banana Link, défenseur d’une filière banane équitable et durable, et avec le Cirad, organisme public français de recherche agronomique.  Elle a également obtenu plusieurs certifications, telles que Fairtrade et Rainforest Alliance.


Les Plantations du Haut-Penja représentent près de 80% des exportations de bananes du Cameroun. L’année dernière, 153 000 tonnes ont été exportées, principalement vers l’Europe. La société gagne des parts de marché, et sa maison mère française, La Compagnie fruitière, a noué des partenariats, notamment avec l’ONG WWF, pour développer la production biologique.

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