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Un ostéopathe jugé pour 29 viols et agressions sexuelles

  • 1 juin
  • 2 min de lecture

Un ostéopathe d’Eschau, dans la banlieue sud de Strasbourg, est jugé à partir de lundi pour viols sur huit patientes et agressions sexuelles sur 21 autres. Il exerçait depuis 2014.


Un procès de 12 jours s’ouvre ce lundi matin aux assises du Bas-Rhin à Strasbourg. Pierre Garitte, un ostéopathe de 37 ans exerçant dans l’Eurométropole de Strasbourg, est jugé pour agressions sexuelles et viols sur 29 patientes. Il maintient avoir pratiqué uniquement des gestes médicaux. Toutes les victimes, âgées de 23 à 77 ans au moment des faits, décrivent des touchés externes, et parfois internes, dans la zone pelvienne. Selon elles, l’ostéopathe les mettait en confiance, parfois sur plusieurs séances sans geste déplacé ni anormal. Une fois le lien patient-soignant établi, il recommandait des touchés vers le pubis, prétendant qu’ils soulageraient les douleurs aux hanches, au dos et au cou. Ces actes étaient parfois annoncés, mais parfois pratiqués sans prévenir la victime. Certaines patientes ont même été touchées dès leur premier rendez-vous.


Anne-Sophie Wagnon-Horiot, avocate d’une patiente : « Ce qui envahit ma cliente, c’est que ce procès se tienne, qu’il (ndlr: l’accusé) assume ses responsabilités … Et au-delà de ça, ce qui est important pour elle, c’est que ça serve pour les autres. D’où le fait qu’on ne demande pas le huis clos: que ça puisse faire résonance chez des personnes qui n’ont pas osé, ou qui n’ont pas pu, ou qui ont cru que c’était de leur faute. »


Sonia Bisch, présidente de l'association Stop aux violences obstétricales et gynécologiques : « C'est extrêmement tabou de prendre conscience que des professionnels de santé sont capables de violences et de viols. »


Emmanuelle Piet, présidente du Collectif féministe contre le viol : « Il y a une stratégie, chez les agresseurs professionnels, de laisser penser que ça fait partie du soin … Mais en aucun cas le viol ne fait partie du soin. »


En 2018, une patiente accuse l’ostéopathe Pierre G. d’avoir mis une main dans sa culotte lors d’une séance.  Pierre G. parle d’un malentendu et s’excuse. L’affaire est classée. En août 2020, une femme signale sur une plateforme publique que l’ostéopathe a eu un comportement inapproprié avec elle et une amie. Deux mois plus tard, deux autres plaintes distinctes sont déposées. Pierre G. est placé en garde à vue, puis mis en examen en octobre 2021 pour des faits sur six femmes. Un questionnaire envoyé à 470 patients révèle quatre fois plus de victimes. Certaines dénoncent des viols digitaux, d’autres des attouchements. Alors que les patientes se plaignaient de douleurs, Pierre G. se concentrait sur les parties intimes. Or, un décret de 2007 interdit aux ostéopathes les manipulations gynéco-obstétricales et les touchers pelviens.


Le procès, dont la fin est prévue pour le 12 juin, pourrait ne pas être entièrement à huis-clos. Aucune demande en ce sens n’avait été formulée à l’approche de son ouverture. Seule une plaignante a sollicité un huis clos partiel, souhaitant être entendue en l’absence du public.

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