Chantage à la sextape: le maire de Saint-Étienne condamné à quatre ans de prison ferme et cinq ans d’inéligibilité
- HORZ

- 2 déc. 2025
- 2 min de lecture

Ce lundi, le tribunal correctionnel de Lyon a rendu sa décision concernant l’Affaire du chantage à la sextape qui a secoué la Ville de Saint-Etienne.
Gaël Perdriau a été condamné à cinq ans de prison, dont quatre ans ferme, avec mandat de dépôt à effet différé, assorti de l’exécution provisoire, ce qui signifie qu’il sera bientôt incarcéré. Il a également été condamné à cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate, l’obligeant à quitter immédiatement ses fonctions de maire. À l’annonce du jugement, Gaël Perdriau est resté impassible, tandis que quelques applaudissements ont retenti dans la salle.
Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne : « Je suis innocent, cette décision est totalement incompréhensible. »
Brigitte Vernay, la présidente du tribunal : « Le tribunal a bien entendu tout ce que vous avez opposé aux accusations, mais n’a rien trouvé en termes d’excuse pour minimiser l’extrême gravité des … Le devoir d’exemplarité, de dignité et de représentation. Monsieur vous ne pouvez plus être maire de la Ville de Saint-Etienne. »
Gilles Artigues : « J'avais honte, je ne m'estimais pas victime dans cette affaire. Je me disais que j'étais fautif et il faisait tout pour me le rappeler et faire en sorte que j'étais complétement paralysé. »
Le maire de Saint-Étienne était soupçonné d’avoir tenté de piéger son rival politique, Gilles Artigues, afin de compromettre ses ambitions locales. Pour ce faire, Gaël Perdriau aurait fait pression sur lui en utilisant des images de son ex-adjoint en compagnie d’un escort boy recruté à son insu en 2014, dans le but de le duper. Le tribunal a également condamné trois anciens proches du maire qui ont, eux, assumé leurs responsabilités.
Pierre Gauttieri, qui fut pendant dix ans directeur de cabinet du maire, a ainsi écopé de deux ans de prison ferme.
Le tribunal a statué sur les demandes des parties civiles. Anticor recevra 5 000 euros et 3 000 euros au titre de l’article 475.1, à répartir entre les condamnés. Anticor avait demandé 20 000 euros de préjudice moral et 7 000 euros de frais de défense. La Ville de Saint-Etienne recevra 20 000 euros pour préjudice moral, 20 000 euros pour préjudice à son image et 184 800 euros pour protection solidaire, à répartir entre les condamnés. La ville avait demandé le remboursement des subventions, la prise en charge de la protection fonctionnelle de Gilles Artigues (180 000 euros) et 50 000 euros de préjudice moral et d’image. Michel Thiollière recevra 10 000 euros et 3 000 euros au titre de l’article 475.1, à répartir entre Samy Kéfi-Jérôme et Gilles Gilles Rossary-Lenglet. Il avait demandé 50 000 euros de préjudice moral et 30 000 euros de frais de défense. Gilles Artigues recevra 200 000 euros de dommages et intérêts, à répartir entre les condamnés. La justice les condamne à verser 30 000 euros à l’épouse de Gilles Artigues et 20 000 euros à chacun de ses enfants. La principale victime avait demandé des sommes bien plus importantes : 500 000 euros pour le préjudice moral, 32 000 euros de perte de rémunération et 150 000 euros pour" la perte de chances". L’épouse et les quatre enfants avaient demandé 60 000 euros chacun, plus le remboursement de leurs frais de défense.
PHOTO : © MAXPPP - NICOLAS LIPONNE




Commentaires