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Les Émirats arabes unis annoncent leur retrait surprise de l'OPEP

  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

Les Émirats arabes unis ont annoncé leur retrait de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dirigée par Riyad, ainsi que de l’alliance Opep+, qui inclut également la Russie, à compter du 1er mai, selon l’agence de presse émiratie.


Les Emirats arabes unis ont annoncé, mardi 28 avril, leur départ de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ dès le 1er mai, invoquant leur "intérêt national" et une stratégie énergétique sur le long terme. Membre de la structure depuis 1967, le pays du Golfe justifie ce choix par sa volonté de développer davantage sa production et d'adapter son modèle énergétique. Cette décision intervient alors que l'Opep est déjà fragilisée par plusieurs départs ces dernières années et par les tensions liées à la guerre au Moyen-Orient. Le conflit a fortement perturbé les flux d'hydrocarbures, notamment avec la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, contribuant à la forte hausse des prix du pétrole.


L’agence de presse officielle Wam : « Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Émirats arabes unis ainsi que l’évolution de leur profil énergétique, notamment l’accélération des investissements dans la production d’énergie nationale »


Francis Perrin, directeur de recherche à l’Iris et chercheur associé au Policy Center for the New South (Rabat) : « Des rumeurs sur leur départ ont couru à plusieurs reprises dans le passé. Le point clé est le sujet des quotas accordés dans le cadre de l’Opep : Abou Dhabi est mécontent de son quota qui l’empêche de produire autant qu’il voudrait alors que le pays a beaucoup investi pour accroître sa capacité de production. En quittant l’Opep et l’Opep+, les Émirats arabes unis retrouvent plus de flexibilité à cet égard »


David Oxley, expert chez Capital Economics : « Lorsque les flux énergétiques reviendront à la normale, le départ de l'Opep+ pourrait conduire les Émirats arabes unis à pomper 1 million de barils supplémentaires. »


Suite au retrait du Qatar en 2019, puis de l’Équateur et de l’Angola, l’annonce d’Abou Dhabi a suscité une certaine surprise, malgré les récentes divergences internes au sein du groupe. En effet, les Émirats arabes unis, souhaitant accroître leur production pétrolière, avaient déjà bénéficié d’un traitement préférentiel leur permettant de dépasser les quotas imposés aux autres membres. Le pays figure parmi les plus affectés par les récentes attaques iraniennes, menées en représailles à l’offensive israélo-américaine du 28 février contre la République islamique. Ce conflit a entraîné une quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement un cinquième de la production mondiale de brut, provoquant une forte hausse des prix. Compte tenu de la situation actuelle dans le détroit, les Émirats arabes unis souhaitent éviter d’être soumis à des quotas une fois la situation revenue à la normale, selon une source proche du ministère de l’Énergie.


L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), fondée en 1960, compte actuellement 12 membres, dont les Émirats arabes unis, sous la direction de Ryad. En 2016, l’Opep a formé une alliance avec dix autres pays, dont la Russie, connue sous le nom d’Opep+, afin de limiter l’offre et de soutenir les prix face à la concurrence américaine. Avant le conflit au Moyen-Orient, les Émirats arabes unis étaient le quatrième producteur de l’alliance Opep+, après l’Arabie saoudite, la Russie et l’Irak, avec une production d’environ 3,5 millions de barils par jour (Mb/j).

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