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L'UE autorise la création de centres de renvoi des migrants à l'étranger

  • il y a 5 heures
  • 2 min de lecture

Lundi soir, les eurodéputés et les États européens ont conclu un accord pour durcir la politique migratoire de l’UE, incluant la création de centres à l’étranger pour renvoyer les migrants illégaux.


La nouvelle loi européenne vise à accélérer les procédures d’expulsion et autorise les États membres qui le souhaitent à établir des centres en dehors de l’Europe pour y transférer les demandeurs d’asile déboutés. Des pays comme le Danemark, l’Autriche et l’Allemagne envisagent déjà l’implantation de tels centres, notamment au Rwanda, en Ouganda ou en Ouzbékistan. Le concept de "hubs de retour", déconnectés du pays d’origine des migrants, n’est pas inédit. L’Italie de Giorgia Meloni l’a expérimenté en Albanie, avant même l’examen des demandes d’asile, contrairement à la législation européenne actuelle. Cependant, le centre albanais est resté inoccupé pendant une longue période en raison de multiples contestations judiciaires.


Magnus Brunner, commissaire européen en charge de l'immigration : « L'UE disposera d'un  meilleur contrôle pour garantir que les retours soient effectués. C'est ce qu'attendent les citoyens – et c'est ce que nous leur offrons »


François-Xavier Bellamy, L'eurodéputé de droite : « Le texte  va révolutionner la politique européenne face à l'immigration illégale. »


Mélissa Camara, l’eurodéputée écologiste : « Ce texte est le fruit d’un accord honteux conclu entre les Etats membres et une majorité … un recul historique pour les droits fondamentaux des personnes exilées. »


Lors des négociations de la soirée à Bruxelles, le principal point de discorde portait sur la date d’application des mesures. Si les États membres pourront instaurer directement des centres de retour, d’autres mesures n’entreront en vigueur qu’un an après la publication de la loi, notamment pour des raisons juridiques. La France s’est montrée sceptique quant à ces centres, tandis que l’Espagne s’y est opposée, les jugeant menaçants pour le respect des droits humains. Le texte approuvé lundi prévoit des sanctions plus sévères pour les migrants refusant de quitter le territoire de l’UE, telles que la saisie de leurs documents d’identité ou une prolongation de la durée de détention jusqu’à 24 mois. Le renvoi des migrants contre leur gré s’accompagnerait également d’une interdiction d’entrée dans l’UE allongée à 10 ans (contre 5 ans actuellement), voire 20 ans. Actuellement, environ 20% des décisions d’expulsion sont effectivement exécutées, une statistique vivement critiquée par les partisans d’une politique migratoire plus stricte.


Le texte marque un durcissement significatif de la politique migratoire de l’UE, seulement deux ans après l’adoption du pacte sur la migration et l’asile, qui entre actuellement en vigueur.  Ce pacte prévoit un "filtrage" renforcé aux frontières et un mécanisme de solidarité entre les États membres dans l’accueil des migrants. Le texte validé lundi vient compléter ce pacte et reflète l’influence croissante de la droite et de l’extrême droite au Parlement européen.


PHOTO AFP/ SAKIS MITROLIDIS

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