La Turquie restreint les transferts de cryptomonnaies pour contrer les paris illégaux et la fraude
- MD SHOW
- 25 juin 2025
- 2 min de lecture

Alors que plus de 230 000 sites de jeux en ligne illégaux ont été bloqués sur le territoire en 2024, les autorités cherchent à reprendre le contrôle d’un écosystème encore largement opaque.
Le gouvernement turc a annoncé lundi un durcissement du cadre réglementaire entourant les transferts de cryptomonnaies, dans le but affiché de lutter contre les paris illégaux et les activités de fraude financière. Les nouvelles mesures prévoient notamment un délai de 48 à 72 heures pour tout retrait effectué via une plateforme ne respectant pas la "travel rule", qui impose l’échange d’informations d’identité entre émetteurs et destinataires. Par ailleurs, les transferts en stablecoins seront limités à 3 000 dollars par jour et 50 000 dollars par mois, un plafonnement destiné à freiner les mouvements anonymes massifs.
Mehmet Şimşek, ministre des Finances (X) : « Ces mesures visent à ralentir et surveiller les mouvements suspects de capitaux, tout en garantissant que les plateformes opèrent dans un cadre légal et transparent. Les acteurs non conformes s’exposeront à des sanctions financières, administratives, voire pénales. Nous prenons de nouvelles mesures pour empêcher le blanchiment des produits criminels obtenus par les paris illégaux et la fraude via les transactions de cryptomonnaies. »
En février, la Turquie avait déjà introduit une réglementation contraignante : tout transfert de crypto supérieur à 15 000 livres turques (environ 425 €) doit faire l’objet d’une vérification renforcée, y compris sur l’identité du propriétaire du portefeuille. Ces règles s’inscrivent dans un objectif plus large : sortir de la "grey list" du GAFI, l’organisme mondial de lutte contre le blanchiment d’argent. Le gouvernement affirme vouloir aligner sa régulation sur les standards européens, notamment le règlement MiCA, récemment adopté dans l’Union européenne. Des licences obligatoires pour les acteurs du secteur, de nouvelles exigences en capital minimum et un encadrement des portefeuilles électroniques font partie des mesures en cours de déploiement.
Si l’usage des cryptomonnaies comme moyen de paiement reste interdit en Turquie, leur détention et leur échange demeurent légaux, dans un pays où l’inflation pousse de nombreux citoyens à se tourner vers les actifs numériques comme valeur refuge.




Commentaires